Pérenniser son activité artistique sur Paris & Avignon

Pascale Watelle et Corinne Barois se sont rencontrées sur un terrain qui leur tient à cœur. Autour de la connexité entre les enjeux du domaine artistique et les compétences inhérentes à l’entrepreneuriat. En effet, les ressources internes mobilisées chez l’entrepreneur sont les mêmes que celles dont a besoin l’artiste qui aspire à l’autonomie. 

Un organisme de formation dédié à l’intermittence

C’est pourquoi Pascale Watelle a créé en Avignon, CAPCOM’ART. Un organisme de formation pour les métiers artistiques. Son l’objectif d’amener les artistes à intégrer cette réalité et consolider leur positionnement professionnel. 

De son côté, Corinne Barois accueille des artistes sur Paris dans sa formation ”Autonomie Professionnelle”. Son objectif est de donner tout pouvoir à l’artiste pour réussir dans son domaine.

Tenir face à l’intermittence

Voici un exemple de savoir partagé au cours de la formation “Autonomie Professionnelle”. Vous remarquerez que nous nous inspirons de la théorie des cohérences de Roger Nifle pour faciliter la mise en action des stagiaires en recherche d’autonomie et de développement artistique. 

Prenons l’exemple de ces 6 artistes interprètes issus du secteur du spectacle. Aujourd’hui ils mettent à contribution leurs interrogations et leurs attentes quand rien n’est acquis (carrière et contrat). En outre, nous avons une journée pour développer leur compétence cognitive. Celle qui donne la part belle aux représentations que l’on se fait de notre métier. En d’autres termes, des croyances.

Prendre conscience de sa situation

Il est évident que partir à la recherche d’emploi continuellement c’est un combat.  Il s’agit d’accumuler les échecs, de tenter de nouveau sa chance, de réinvestir dans ses supports de communication. Même si on s’accorde pour dire que c’est le lot des artistes, le prix à payer est trop souvent sous-estimé. Il est indéniable qu’il est devenu essentiel de se former pour tenir.

Pour preuve, ce talent qui craque et qui dit sa souffrance à devoir remettre à jour son métier à jouer. Il le dit haut et fort : “s’il ne se passe rien, j’arrête tout !”. Inutile de lui faire vivre le scénario du pire, il est en plein dedans. Pour chaque réflexion il sait contredire généreusement. Il arrive à saboter chaque sortie de crise proposée ici et là. Il incarne parfaitement une triste vérité : sans résultat l’artiste n’est rien.

Comment sortir de cette confusion entre soi et son projet ? 

Repérer le lien entre les motivations profondes et les logiques professionnelles engagées : La théorie des cohérences.

La théorie des cohérences est comme une boussole. Elle permet de se repérer sur le chemin professionnel et de ne pas se noyer dans une idée abstraite de la réussite. Selon Roger Nifle la vie professionnelle est un des principaux modes d’accomplissement de notre vocation. Sa théorie permet d’étudier le lien entre le Personnel (le rôle que je souhaite incarner) et le Projet Professionnel (l’exercice de mon rôle). Ceci dans le but de mieux équilibrer notre investissement dans l’action. Avec cette boussole il s’agit de redonner du sens à nos actions au lieu d’attendre que nos actions donnent un sens à notre vie.

Une compétence cognitive à adopter 

Tout est une question de représentation que nous nous fabriquons et qui vient influencer notre attitude au contact du monde. Voici les deux façons d’envisager son activité professionnelle selon Roger Nifle. L’une statique, l’autre dynamique. Deux systèmes de pensée bien spécifiques.

  • Si l’on considère l’exercice d’une activité professionnelle comme un état alors les problèmes seront conçus comme des dysfonctionnements et les solutions comme un rétablissement.
  • Si l’on considère au contraire la vie professionnelle comme un parcours, une évolution, alors les problèmes sont des problèmes d’orientation et de bilans et les solutions sont des repérages et des voies de progression.

Etat versus Parcours ?

C’est ici que la séparation s’opère, entre soi et son projet. Mieux comprendre c’est mieux communiquer ?

Les jeux de rôles s’enchaînent et montrent que chacun communique beaucoup plus librement sur son projet. Moins d’émotions, plus de disposition à entrer en communication positive et à rester auteur de ses mots professionnels. La motivation se réactualise comme par enchantement. Les professionnels de la scène reprennent la main sur leur communication au plus près de leur “je” et ose enfin “se vendre” comme ils aiment.

“De nombreuses difficultés ou blocages d’évolution proviennent d’une attitude profonde, d’un sens donné à la vie professionnelle qui n’est pas satisfaisant. En fait, ce n’est que lorsque le Sens de la vie professionnelle est celui même d’une vocation personnelle que l’évolution naturelle s’accomplit véritablement.” Roger Nifle.