Et si le problème était la solution tentée ?

L'intermittence du spectacle

Watzlawick a une approche pertinente sur notre réflexe à appliquer pour chaque problème sa solution. Aussi fou que cela puisse paraître, ses écrits nous apprennent qu’il suffit au contraire d’interroger le problème pour le résoudre. Avant même de chercher encore une énième solution pour se sortir d’une impasse. Et je dois dire que son enseignement m’est toujours d’un grand secours pour accompagner les talents.

Aurélia, et sa passion de la scène

Voici l’exemple d’Aurélia, un talent artistique confirmé et abonné à l’intermittence de l’emploi. Toujours prête à consacrer sa vie à sa passion, cette belle actrice n’a jamais pu accéder comme elle le dit “aux conditions financières minimales” de l’exercice de son métier. Son quotidien est riche en candidatures spontanées, en bons plans, en castings, en stage caméra et voix-off. Pour chaque problème elle a toujours sa solution qu’elle applique systématiquement.

Mais aujourd’hui elle ressent une vraie lassitude. Elle ne voit rien venir dans sa carrière malgré l’accumulation des bons points en intermittence.

Les facteurs de risque en intermittence

Le prix à payer pour cette artiste est d’être exposé à des facteurs de risque pas si négligeables que ça.

  • le facteur émotionnel : chaque projet est une mission où l’on doit faire face à un changement de situation. Il faut s’adapter, en un minimum de temps, à un maximum de monde, tout en restant très bon. Le sentiment d’appartenance existe le temps du cachet intermittent mais après c’est la solitude du chercheur d’emploi.
  • le facteur physique : les métiers artistiques sont parfois pénibles physiquement mais surtout la charge est irrégulière et c’est le projet qui décide des conditions de travail. L’environnement, les horaires, les compétences complémentaires à développer (..). Le soir, le jour, en semaine, le week-end, la nuit, l’intermittent a peu de visibilité en terme d’organisation du travail et de vie ce qui impact son quotidien.
  • le facteur psychique : les inquiétudes face à l’avenir proche, les déceptions professionnelles, les développements stériles. L’exercice est délicat car il demande constance et équilibre pour se démarquer sur un marché où la demande est élevée.
  • le facteur cognitif (le savoir-y-faire): l’artiste et le technicien s’implique quelque soit le résultat ou le support d’exploitation. Les rémunérations varient selon les missions et ne symbolisent pas forcement le talent. L’intermittent doit trouver en lui les motivations indispensables à l’exercice de son métier alors qu’il est souvent privé de réussite.
  • le facteur exclusion : l’intermittent risque le décrochage très vite s’il ne tient pas ses obligations. Il lui est difficile, voir impensable, d’intégrer le régime général tellement sa problématique socio-professionnelle est éloignée du régime classique. Rarement “cadre”, jamais formé en compétence transversale (méthode et organisation)…il n’a pas le choix de son régime et avance coûte que coûte.

Laisser faire ou trouver des solutions à l’infini ? 

Et si le problème était la solution tentée ?

C’est ce paradoxe que nous avons eu plaisir à interroger ensemble pour laisser place à une nouvelle Aurélia, consciente de faire toujours un peu plus de la même chose pour trop peu de résultats. “Je suis peut-être mon propre piège” dit-elle, “à en faire beaucoup trop et dans tous les sens je ne suis jamais contente de ce qui m’arrive, et pour cause, je ne sais pas ce que je cherche“. 

Rassurée sur sa motivation et protégée par ce savoir, elle a accepté d’en apprendre un peu plus sur elle, dans ce hors-scène ressource. La décision de faire “plus de la même chose” était une “solution” qui créait chez elle une insatisfaction à répétition et qui l’éloignait des projecteurs.

Se faire des promesses et pouvoir les tenir

Dans le secret du travail elle a compris ce qu’elle devait mettre en action de nouveau pour cheminer plus sereinement. Elle a décidé de poursuivre la réflexion et de revenir vers moi après avoir évalué le mieux-être procuré par ces solutions. Sa prise de conscience lui fait comprendre l’importance de changer.

Parfois, le coaching n’est que la conclusion portée avec un regard extérieur sur une conversation intérieure presque aboutie.

Thierry Chavel.

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